lundi 24 décembre 2012

Les restructurations dans la sidérurgie louviéroise


Comme pour beaucoup d’autres usines sidérurgiques wallonnes, et plus globalement européennes, la situation à La Louvière est préoccupante car l’ensemble du secteur traverse une crise profonde. Le marasme du secteur automobile, grand consommateur d’acier, n’est évidemment pas étranger au problème.


A La Louvière, les pertes se chiffrent en millions d’euros par mois. NLMK prévoit ainsi une perte annuelle de 100 millions d’euros. C’est dans ces conditions que les entreprises DUFERCO et NLMK ont annoncé ce jeudi une restructuration et des mesures d’austérité. Le plan comprend notamment le licenciement de 600 travailleurs et s’adjoint de restrictions salariales pour les autres.

Dans cette situation de crise, et à l’image de ce qui se passe chez Ford à Genk, nous pensons avant tout aux travailleurs et à leurs familles qui traversent une période difficile. Nous comptons sur la négociation entre les partenaires sociaux pour que des aménagements puissent être trouvés.

Est-ce à dire que la sidérurgie n’a plus d’avenir à La Louvière et dans la région du Centre ? L'Echevin Olivier Detsrebecq est convaincu du contraire

Premièrement parce que La Louvière se situe idéalement, au cœur de l’Europe, à proximité d’un aéroport, le long d’un canal et sur des axes routiers importants. Nous bénéficions donc d’une position stratégique de tout premier ordre qui nous donne un avantage sur certains de nos concurrents.

Deuxièmement,  car 82 millions d’euros ont été investis par les exploitants lors des quatre dernières années, afin de moderniser les infrastructures et les outils de production. Cela me semble être un signe positif. Il est difficilement imaginable que l’on investisse autant d’argent avec l’intention de stopper purement et simplement les activités sur ce même site.

Au risque de se répéter, la crise mondiale, notamment de l’automobile n’est pas étrangère à la situation à La Louvière.

Ainsi, nous demeurons convaincus que des solutions peuvent être apportées et que la sidérurgie garde une place centrale dans le paysage économique louviérois. Nous le croyons d’autant plus que le creux de l’industrie automobile n’est probablement, que passager.

Le 3 mars dernier, Olivier Destrebecq a déjà eu l’occasion d’interpeller la Ministre de l’emploi en séance plénière de la Chambre sur la question de la sidérurgie. Elle a été appelée à innover et à développer un vaste plan spécifique aux bassins sidérurgiques. Nous croyons en effet que ces bassins présentent certaines caractéristiques communes qui doivent nous inciter à avoir une réflexion globale en la matière. La Ministre n’ayant pas répondu directement, elle a été réinterrogée le 15 mai en Commission.

Pour toute réponse, la Ministre fédérale a renvoyé la balle à son collègue régional. Aujourd’hui, nous ne pouvons donc que nous tourner vers le Gouvernement Wallon afin de solliciter de sa part la mise en place de ce plan qui permettra de développer une industrie sidérurgique spécialisée et de reconvertir les bassins industriels afin de les faire entrer pleinement dans le 21ème siècle. De grâce, évitons les errements qu’a connu le dossier Carsid à Charleroi !

Le retard pris n’a que trop duré, il faut agir ! Nous en appellons à la concertation de tous les partenaires sociaux et des responsables politiques de tous les niveaux.

Enfin, dans le dossier louviérois, l'Echevin demande aux syndicats de poursuivre les négociations, dans l’intérêt de tous les travailleurs. Seul le dialogue permettra d’apporter des solutions. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une fatalité. Nous avons une main d’œuvre qualifiée et des outils performants, il est donc à espérer qu’une fois la reprise économique du secteur enclenchée, l’activité des sites louviérois reprendra avec elle.  Signe encourageant : la direction de NLMK a souligné sa volonté de maintenir les activités du site.

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